Triathlon LD de Royan 8 septembre 2012....Mes 46 ans !

 

PICT0016Ce triathlon avait eu un gout amer pour moi en 2011, j'avais en quelque sorte une revanche personnelle à prendre (sur moi-même) car j'avais laché l'morceau au 8ème km à pied alors que j'étais encore 8 ème....Certes je n'avais que 8 mois d'entrainement depuis ma reprise et c'était encore un peu juste....Quelques heures après, je m'étais rendu à l'évidence, certes, je souffrais mais rien d'énorme et surtout ma saison s'arrêtait là donc rien à dire, j'aurais du finir, ralentir un peu, m'hydrater tranquillement....mais finir !

 

Donc 2012, l'objectif pour moi était clair (comme chaque course) : Optimiser au maximum mon classement par la maitrise de ma course, allure, dosage, technique, concentration, petites astuces à droite à gauche, économie du geste à tout moment, bref, tenter la course parfaite.....J'avais même pris une journée de repos la veille pour eviter de me cogner une journée en mer sous le cagnard, ce qui reste éprouvant au quotidien !

 

Donc, nous voilà dans la dernière semaine, quelques petites séances légères avec des accélérations sur 30" en vélo histoire de conserver un peu de puissance, idem en course à pied , total de la semaine 4h30 d'entrainement donc un réel repos relatif....Je me sens serein !

 

PICT0125[1]Samedi matin 10h30, départ en première ligne, ça court très vite sur la plage, ma douleur dans la fesse qui ne passe pas m'empêche même de plonger à l'eau parmi les premiers, rien de bien grave, je suis juste derrière, je me doute que les jeunes pros ne m'auraient pas attendu de toutes façons, concentré d'entrée sur ma technique bras seuls, je reste en équilibre respiratoire, pas d'essouflement, je suis bien...sans doute 6ème à vue de nez...Ca nage vite , très vite, je laisse doucement l'écart se creuser, pas necessaire de jouer avec eux, ils sont trop forts, je me doute que mon camarade de club Valentin est là devant à jouer avec l'élite.....Passage au demi tour, je suis repris par deux nageurs qui s'avèrent être Jérome Joussemet et Thomas Marin, je nage avec eux un long moment puis laisse partir à nouveau (très peu de séances dans l'eau pour moi cet été....6 au total donc rien de plus logique...pas grave, on verra après !)

Sorti de l'eau, j'entends "9ème", ça va, c'est plutot correct, je reste concentré, retirage de la combine sous la douche, tant qu'à faire autant faire ça ici, et je sors du parc rapidement juste devant mon deuxième Camarade de club, le redoutable Lionel Roye (toujours au top sur chaque course ou il s'aligne) et Simon Billeau (que je prévoyais de ne pas voir longtemps en vélo !)....Ca se goupille bien comme je l'esperais !

Je monte sur mon bike, fais 20m et manque de me casser la gueule, vision d'effroi, je suis à plat devant !

Bien sur, je m'engueule intérieurement car j'avais un doute sur ce boyau (que j'avais testé ces trois derniers jours cependant), un coup de pilstop et il remonte en pression légère, ensuite pas moyen de faire fonctionner ma bombe CO2, j'y passe 4', peut être plus et décide de repartir 35ème, avec un boyau avant mou (limite à toucher la jante en appuyant bien !) et donc dangereux en descente....Pas de prise de risques, le challenge dans ma tête n'est plus le même....désormais, c'est finir pour l'équipe le mieux possible avec un handicap sérieux...la perte du contact course devant (tellement important)....Je fais un tour vélo comme ça, dur au niveau des jambes et surtout fessiers, scrute les vélos de "touristes", voire si quelqu'un a une pompe pour regonfler correctement...nouvel arrêt au 35ème km pour régler le problème, c'est fait, on en parle plus...

663505-56221600-1347248219Je me reconcentre rapidement sur ces deux tours restant à tenter de revenir doucement sans plus forcer que necessaire, car pas question de se retrouver déglingué à la fin du vélo....J'ai la sensation de ne pas rouler, en fait je ne remonte quasiment pas, je reste à ma place, j'ai les fessiers douloureux et ça m'empêche de m'exprimer en vélo...Je ne peux m'empêcher de penser à l'Ironman de Cozumel qui m'attend en novembre en imaginant un mal aux fessiers pareil...galère en perspective...Je me rassure par le fait que ce sont les cotes principalement qui me font monter en douleur à chaque fois, sur du plat ça devrait aller...à peu près !

Finalement, je pose le vélo 22ème plié en deux avec mes ischio-fessiers raides, loin de la tête (mais ça c'est pas grave) mais aussi loin d'adversaires habituels donc pas joué d'avance, sachant que la course à pied sous plus de 30°, c'est pas plus mon fort que ça.....

Des le début, la chaleur est assomante et je me dis qu'il va falloir gérer surtout ce paramètre, dès le premier ravitaillement, deux trois gobelets d'eau sur la figure et dans le dos, deux cocas bien frais (le bonheur) et c'est parti, je surveille mon cardio pour éviter de m'emballer, me cale à 160 puls et cherche à retrouver un peu d'aisance....Je croise Clémence, deuxième , pas très loin de la 1ère, encouragements rapides et surtout petits conseils : "mouille toi ! Prends ton temps !...."

663505-03637000-1347261585Le premier tour est dur, je perds une place avec Fred Durand qui me laisse sur place au 2ème kilo, mais je reviens doucement sur un concurrent à 150 m devant, les kilomètres s'enchainent, je me sens de mieux en mieux dès le 10 ème km (mis à part mes fesses !), je reste cependant convaincu qu'il ne faut pas zapper les points d'eau, je m'arrose abondamment à chaque fois et ça fait un bien fou, j'évite la surchauffe, mon pouls se stabilise bien depuis le début, c'est signe d'équilibre ! On est là vraiment dans une gestion personnelle ou la course contre les autres est mise de coté momentanément, course de patience...car tout peut arriver.

Au 17 ème km, je crois en mes chances de reprendre un coureur devant moi, il semble piocher de plus en plus alors je décide d'augmenter ma fréquence de jambes doucement, coup d'oeil au thermomètre affiché : 35°, ouff ! J'ai mal au c..l mais j'accélère, je double rapidement notre homme sans même le regarder et j'attaque le suivant qui semble dans le dur aussi à 100m, je pense au classement équipe : 1 point, ça peut etre décisif ! Je le double puis croise à cet instant Clémence qui semble avoir un sérieux coup de moins bien, je lui dis encore une fois de penser à s'arroser un max !

663505-73757500-1347236750Me voilà attaquant le sable mou, les 300 derniers mètres avant de s'autoriser à stopper l'effort, c'est quand même bon d'en finir mais pas question de gérer, j'en ai deux à moins de 20" derrière donc jusqu'au bout faut s'y tenir....

20ème à l'arrivée, pas trop mal mais ma course est décevante car avec cette crevaison tout a été chamboulé, les handicaps s'enchainent notamment mes douleurs aux fesses qui sont apparues d'entrée...Rien de bien méchant, on sauve lionel, valentin et moi la troisième place par équipe, Lionel a été grandiose comme d'habitude (c'est un as !), Valentin a serré les dents et peut être fier de lui (pas du fait d'avoir oublié son ravitaillement dans le parc !), tous les athlètes de la rochelle que j'ai pu croiser (et parfois encourager quand j'en avais la présence d'esprit...pas facile quand on est au taquet) méritent pleinement le tee shirt de Finisher car cette course c'était pas du gateau !!

Et puis, un petit mot spécial pour notre grande Clémence qui méritait elle aussi bien sur de finir mais surtout finir vainqueur.... mais peut être (surement) trop pressée de prendre le large, la chaleur et peut être la gestion de l'effort a eu raison d'elle....Je compatie car il n'y a pas grand chose de pire dans le domaine du sport que de mener une course et l'abandonner a 10' de l'arrivée après 5 h d'effort....

 

OJ

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