Hawaii 2014.....Mon analyse...

Hawaii 2014, qualification passée correctement sur Nice en juin dernier (voir compte rendu)....Une inquiétude dans les denières semaines subsistent à la suite de mon abandon au Half de Royan début septembre suite à d'énormes contractures aux fessiers qui m'obligent à mettre pied à terre au 65eme kms de vélo....et ne pas réussir à remonter sur le vélo pendant plus d'une heure pour...rentrer (bref, sur changement de réglage certes mais inquiétude tout de même).....

Donc, je pars avec femme et fille, seulement 5 jours avant la course, un peu court c'est sur par rapport à l'accoutumance "chaleur" mais c'est aussi et surtout pour rester plus longtemps sur place ensuite...libéré de la "contrainte" compétition !!

Mes dernières semaines d'entrainement ne se déroulent pas super bien, j'ai de bonnes jambes, capable d'améliorer la plupart de mes chronos tests d'entrainement, mais par contre la gêne musculaire et tendineuse au niveau fessiers, attache ishions....toute cette zone est douloureuse au quotidien, j'annule même quelques enchainements ne pouvant pas courir après le vélo....et décide finalement de relacher un maximum la dernière semaine en espérant que le repos me remettra d'aplomb (ce qui avait été le cas sur Nice, et finalement j'avais assez bien passé l'épreuve concernant mes douleurs ! )

Pas de stress particulier comme chaque fois avant un Ironman, je suis détendu, les nuits d'avant course sont bonnes, je dors bien sans "clim" mais avec le ventilateur au dessus quand même, chaleur cette année encore plus marquée qu'en 2013 ! La meilleure preuve en est que la mer est chaude, sans doute 29° en surface, c'est sidérant, les locaux le disent eux-même (sans doute 2° de plus que l'année précédente)....Ce n'est pas pour arranger mes affaires, moi qui avec l'age supporte de moins en moins les températures supérieures a 30 degrées !

Bref, passons à la course : Samedi matin, réveil facile a 3h30 après un coucher a 20:30, petit déj léger (le plein est fait de toutes façons), dernière vérification du matériel, cardio, dossards etc...et puis c'est parti, on rentre dans les différents sas du parc à vélo, marquage, pesage, graissage (vaseline), etc...dernier gonflage des boyaux, ce sera 9 kilos pour moi, la route est tellement lisse et belle, j'hésite pas, je roule sur du dur !!

Tout est en place, mise à l'eau dans les premiers pour me placer sur la ligne de départ au plus tot relativement centré, j'y retrouve mon Pote Lionel Roye sur ma droite et Jerome Joussemet sur ma gauche, tous les deux motivés à bloc en première ligne également....20' d'attente et ça part, bon départ pour ma part, pas trop de bousculade, je trouve rapidement ma place dans le flux après avoir vu passer quelques bolides, contrairement à l'année précédente ou j'avais retrogradé tout le long, je perds peu de places ensuite et sors très à l'aise vers les mêmes positions que l'année précédente, un peu de houle légèrement gênante mais voilà sinon, presqu'un plaisir de se taper ces 4 kms a 6h50 du matin....je sais que la course démarre seulement après....Je galère a ouvrir ma Tyr, la fermeture coince la doublure, bref, une bénévole tente de m'aider, j'octroie 20" là dessus et lui dit finalement de tirer fort, je pète la fermeture sans pour autant l'ouvrir, je me démollie à réussir à me glisser hors d'elle sans pouvoir faire glisser cette f' d'put'...de fermet....ure !....

 

Ensuite départ vélo avec le petit circuit en ville pour se mettre en jambes, l'aisance est parfaite, je me sens bien, ça drafte un peu mais là honnetement, on ne peut rien faire sur certaines portions qui sont trop étroites, d'ailleurs les commissaires le savent et ne sont présents qu'a partir de la sortie de la ville....Le vent est totalement nul au démarrage, ça roule vite, je suis dans mes watts (aux alentours de 240 watts) en ayant l'impression de caresser les pédales...Par contre le pouls est haut, 158-160, des puls que j'atteins à l'entrainement à la maison quand je mets 300-320 watts...c'est déroutant et inquiétant à la foi, je le sais, c'est lié à la température, certes, mais aussi et  surtout au repos avant course ! (à nice, c'était pareil, j'avais démarré sur du 155-160)....D'entrée, je fais très attention à respecter les distances sur la partie vélo, j'ai le souvenir malheureux d'un carton rouge (4' de pénalité) en 2013, ce que j'avais considéré comme très injustifié pour mon cas, mais bon, c'est comme ça, rien à dire....

Cette année, visiblement, ce sera pas la même chose, les drafteurs vont prendre cher, les arbitres sont bien présents et les cartons tombent très vite, à la première penalty box, pas moins de 25 mecs arrêtés, wouahou, ça fait mal ! il y aura d'après mes sources 380 cartons rouges drafting d'attribués sur la partie vélo, c'est énorme !! Mais pour le coup nécessaire, car la route s'est rapidement assainie (pour ce que j'en ai vu) et ce sera un coup de frein à tous les spécialistes du léche boyau qui ont été obligé d'appuyer sur les pédales cette année !! Mais précisons ceci dit que c'est très compliqué d'être totalement à l'abri d'un carton rouge car c'est la queue leu-leu sur des kilomètres et pas facile de se trouver un trou a distance raisonnable et le conserver !!

Pour en revenir à la course et à l'analyse des conditions vent (il faut reconnaitre que c'est un sacré casse tête chinois,d'habitude quand on a un vent dans le dos, si on tourne de 180 degrees, on le prend dans la poire, à Hawaii, c'est pas du tout aussi simple !) les 30 premiers kilomètres sont effectués sans vent a 240 watts pour moi puis on est rentré dans une zone de vent de face de plus en plus fort pour avoir environ 25-30 noeuds de vent pleine bille au 50eme km, ensuite vent de travers donc ouest-nord ouest 20 noeuds jusqu'au 70eme ( c'est à partir de cet instant et meme avant que mes douleurs ont commencé à s'intensifier au niveau des fessiers et hanches, ma puissance en watts ne fait que diminuer au fur et à mesure par la suite non pas sur une histoire énérgétique mais plutot mécanique...comme si j'avais du sable dans les roulements ...articulations des hanches) pour se le reprendre bille en tete de droite cote de Hawi (nord est 25-30 noeuds a nouveau) jusqu'au 100eme km, on est arêté à 18-23 kmh....c'est l'enfer !...Enfin, ensuite un peu de vent arrière gauche en descente....60-70 kmh, là, je déboule avec mon 54/11 à 110 tour/min, malheureusement, ce sera court, car dékjà on se reprend un bon 20 noeuds de face droite (ouest) du 120 eme au 137eme, ensuite 5kms avec 30-35 noeuds plein arrière, on roule a 65 kmh sur le plat sans trop d'effort, rafale latérale puis bascule de vent de face 25 noeuds en l'espace de 400m (le vent passe de nord est à sud ouest...sidérant), du coup, on passe de 65 kmh à 25-30....il reste 38 kms, ce sera 38 kms vent dans la poire légèrement à droite...Un bonheur !!

 

Je tiens un 227 watts moyen sur l'aller (soit 95 kms) pour diminuer à 195 watts moyen sur le retour (85 kms), c'est pour dire à quel point ça s'est dégradé, je perds 60 places environ en vélo, elles sont évidemment là, déjà dans ma tête commence à s'installer un genre de "On va tacher de ralier l'arrivée tant bien que mal"....Je sors un 5h10' sur le parcours vélo mais c'est évidemment un très mauvais chrono, un 230 voire 240 watts moyen m'auraient emmené sur 4h55' même si les conditions étaient particulièrement difficiles en vélo....Enfin, mon handicap ne me le permettait pas...Au moins, j'ai fini le vélo, c'est meiux qu'à Royan !!

Sur tout le final, des cyclistes me doublent, je suis collé, j'ai l'impression de tomber sur des gros rouleurs, en fait, c'est moi qui ne peut rien donner, Jerome Joussemet, quelques mètres derrière moi est dans l'dur aussi, pas trop capable de suivre l'allure....On se motive l'un et l'autre mais c'est compliqué !

L'arrivée vélo est une souffrance, je compte les kilomètres, besoin de se redresser, je sais déjà que ce ne sera pas mon année, aucune chance que je puisse retrouver de l'aisance à pied après ça....Je pose le vélo, incapable de courir, je marche autours du parc à vélo (400m) jusqu'à la tente de transition, mes fesses ne me portent plus, aucune amplitude possible au niveau de la foulée, je m'assoie, mets mes chaussures tranquillement, dans ma tête, ça va mal, je pense à ne même pas partir à pied, j'ai oublié toute notion de compétition contre les autres, je le dis souvent, le mental est fort lorsque le physique est fort, dans le cas contraire, on peut vite partir à la dérive surtout quand l'expérience montre qu'on ne se refait pas en 5' ou 10' mais qu'il faut compter trois jours de repos pour a nouveau pouvoir remettre un pied devant l'autre !!

 

Alors, je passe au stand massage quelques instants, ça me fait du bien, mais bon, il faut y aller !

Je cours quelques mètres, puis je marche, j'ai mal, c'est supportable mais pas 4h !

Je repars, je croise Nath et Fanny, je leur dis que je vais essayer de finir, mais je suis loin d'être sur de pouvoir le faire !....Je m'arrête tous les 500m, peut etre moins, pendant les 7 premiers kilomètres, chaque fois que je suis arrêté au bord de la route, les français qui me doublent me disent de finir sinon je le regretterai, alors, je me bats, je rejoins le 15eme kilomètre et puis j'attaque la longue boucle nord sur la Kueen-K, la moins marrante, je me dis que lorsque j'arriverais au demi tour, y aura plus qu'a rentrer, je n'aurais plus le choix....La course à pied, disons marche-course pour moi, démarre sous 32 degrees pour finir sous 28-30, c'est presque frais suite aux 35° du retour vélo !!

Voilà, je finis avec un marathon plus que laborieux, aucune notion de vitesse, cardio, j'ai tout laissé au parc sachant que ce n'était pas la peine de s'encombrer avec ça....Frustré par le fait qu'énergétiquement, je suis plutot bien, pas de déshydratation après le vélo, pas de faim, rien, mais pas moyen de s'exprimer....Je coupe la ligne d'arrivée finalement moins éprouvé que 'année dernière ou j'avais pu courir, mais éprouvé psychologiquement !

Pour moi , c'est sur, tant que je ne résoudrais pas mes soucis musculaires et tendineux, je ne rattaquerais pas un Ironman, et surtout pas une selection pour Hawaii !

Le lendemain, le réveil est relativement correct, aucune courbature dans les quadriceps, et mollets, juste un peu les épaules et surtout mes fessiers et hanches douloureux (ses)...Ce qui montre bien que je n'ai pas pu me lacher, logiquement apres un Ironman, on a les quadriceps démollis !

Alors la conclusion de cette épreuve, c'est que, je le pense foncièrement, et c'est une évidence, on ne peut s'aligner sur un Ironman, quel qu'il soit, que si l'on est en pleine possession de ses moyens, ce sont des courses suffisamment difficiles pour ne pas avoir a se rajouter des difficultés dans le genre "douleurs persistentes"....

Faire une performance sur un Ironman implique une forte motivation, et cette motivation forcément se dégrade dès que le physique ne peut suivre,....La motivation peut rester intacte et forte tant que la douleur en course reste une douleur normale à laquelle on est préparée, douleur qui n'empêche pas de continuer à haute intensité....

D'autre part, cette course hawaienne est dure, principalement par la température qu'il y fait, pour ma part, je sais que déjà au départ, je prends 20 puls de plus (en course à pied notamment) pour une intensité donnée, ce qui veut dire que je trouverai mon plafond très rapidement, je vois mal comment y sortir un marathon correct (3h15 ou 3h20) même au mieux de ma forme, alors que ceci me semble largement accessible sur une course froide (disons 18-25°)....Pour bien faire, il faudrait y passer un mois à l'avance pour apprendre à mieux encaisser le problème thermique....Seuls les pros peuvent se permettre d'y passer du temps !!

Voilà, que dire de plus, cette petite vidéo qui peut résumer en partie ce séjour, ma foi, pas si désagréable à Hawaii (Kona puis Maui).....

OJ

 

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Commentaires : 6
  • #1

    Julien (mardi, 28 octobre 2014 08:25)

    Bravo Olivier !
    Je me prépare en solo pour mon 1er IM grâce à tes conseils et ceux du livre de Guy Hemmerlin dont je suis le plan d'entraînement, je tenais à te féliciter pour ton travail et tes analyses toujours objectives. Tu remets ça l'année prochaine ?

  • #2

    Olivier (mercredi, 29 octobre 2014 08:48)

    Non, julien, pas de course de ce genre en 2015 !! Je dois me soigner si je retente une expérience longue sinon pas la peine d'insister, ce sera de pire en pire !!...

  • #3

    JP (mercredi, 29 octobre 2014 13:30)

    Tu peux te consoler....tu claques encore des temps au Marouillet !!!!!!!!!!!
    Joli CR malgré tout.
    A bientôt au club.....

  • #4

    dauty luc (samedi, 01 novembre 2014 12:52)

    encore une fois, tu montre une sacres détermination!!
    beaucoup de monde aurait plier bagage après le vélo,mais non,toi tu continu et tu fini.
    Superbe exemple que tu donne aux jeunes et moins jeunes du club.
    Une leçon de vie applicable en toute circonstance.
    Bravo

  • #5

    bruno DURET (dimanche, 02 novembre 2014 18:12)

    Encore un beau CR, et une belle leçon qui prouve encore que mental et physique sont liés.J'ai suivi le live de la course sur le site ( j'avoue que vu l' heure j ai pas été au bout) mais ton fléchissement au vélo n'est pas apparu si tôt. En tous cas encore chapeau . Finir pour le sport , tout un art de vivre.

  • #6

    Guillaume G. (mardi, 11 novembre 2014 20:46)

    Toujours aussi agréable de revivre la course avec toi. Bravo pour ton mental. Bonne continuation et bon repos.